10 ans, et la perte de Carmona, mon Loulou.

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Bonjour,

Novembre 2019. Cela fait 10 ans que nous avons quitté la France pour découvrir le monde. Heureusement ponctué de retour pour voir ceux que nous aimons.

Et Carmona, mon Loulou fait partie de ceux que je revenais voir dès mon arrivée sur le territoire, tant de joies et d’amours partagées avec lui que cela ne pouvait en être autrement.

Il était arrivé dans ma vie après la perte de Maguay. Raphaël m’avait demandé si je voulais un autre cheval, et ma réponse a été pour lui l’occasion de me montrer à quel point il m’aimait.

 

Mon Loulou

On est allé te chercher à Tour en avril 1998, tu venais du Portugal.

Je tiens ici à remercier Michèle et Dominique pour ce fabuleux voyage dans ce camion, où ta tête passait devant où nous étions assises.  Champagne et rires ont été de la partie tout le long de ce voyage !

Et quelle arrivée sur Fleury !!! Toi qui avait vécu séparemment des autres chevaux… quels hennissements, quelle trouille tu amenais avec toi… Tous les cavaliers rentraient leur chevaux quand ils te voyaient… C’était à mourir de rire.

Tu étais beau, majestueux, fougueux ! Un vrai étalon !!!

Je t’ai choisi car ta proprétaire n’arrivait à rien avec toi, tu étais trop tétu, tu n’en faisais qu’à ta tête, tu étais immontable selon elle, elle avait peur de toi … Moi, j’ai adoré ton tempéramment, notre complicité, nos échanges et nos moments bien à nous.

Mais voilà, cet été 2019 devait être le dernier. Tu devais avoir 30 ans cette année. Ce fut des moments particuliers ces derniers moments.

Moments où les autres chevaux, d’habitude omniprésents autour de nous, nous empêchaient bien souvent la moindre intimité guettant la moindre carottes, poussant, mordant, jouant.

Mais là, contrairement aux autres années, ils se sont écartés, et nous ont laissé seuls. J’en étais étrangement surpris. Je n’ai pas compris sur le moment pourquoi… ces moments devaient être à nous, et rien qu’à nous, un aurevoir des plus intime et chaleureux.

Quand je t’ai quitté après notre ultime balade, mon coeur s’est fendu en deux, et j’ai lâché des tonnes de larmes sans pouvoir m’arrêter.  Quand je suis partie, Michel et Maria assistaient impuissants à ma douleur, celle de penser qu’en effet ce serait la dernière fois que je te verrais, mon cheval bien aimé.

Tant de joies, de partages, de découvertes avec toi, et tant d’amours reçues.

Je mets ici quelques photos de ce bonheur rare et puissant.

Avec Carole et Youpi, des heures à faire des trecks, des balades …merci à Carole et à Youpi son fidèle ami.15585269_10202809904406765_1679797039551466642_o

Avec Nelly (terrorisée par LA bête ! :)  qui n’en laisse pourtant rien paraître !!! et ses enfants

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Tu as été là pour l’un des plus beaux moments de ma vie, en été 2000…

il y a 20 ans.

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Tous mes plus beaux instants, nous les avons partagés ensemble.

DSC03801284854_10150329720606405_6755627_nS’en est suivi mon départ et la volonté de te confier à quelqu’un digne de confiance.

Dans un premier temps Mélanie a voulu s’occuper de toi, elle t’avait en demie pension suite à la naissance de Pauline. -merci à toi Mélanie- Puis, vint le moment de passer le relais.

Chez Maria, Michel, Amélie et Adrien que je ne remercierai jamais assez d’avoir pris soin de toi toutes ces années.

Ils étaient désignés avant même de te rencontrer. J’étais aller les voir en leur demandant de prendre soin, pour sa retraite, de mon prochain cheval. Ils avaient voulu te voir avant de me dire « oui ».

Sûre de moi, je suis partie te chercher. Le premier été, j’ai demandé à Amélie de s’occuper de toi durant mon absence. Quand je suis revenue, toute la famille me pressait en me demandant Quand j’allais te donner…   hahahaha Ils sont tombés raides amoureux de toi eux aussi !

Je leur ai dit, « Laissez le moi un peu, il vient d’arriver !!!! »

Quand nous sommes partis, il y a tout juste 10 ans, j’ai du fendre mon coeur de te laisser, cela est facile pour un humain de comprendre l’éloignement, et la technologie pouvait toujours nous rapprocher….mais va dire ça à ton cheval….  ;) et jusqu’à preuve du contraire, tu n’avais pas de téléphone pour me joindre.

 

La première fois que je suis revenue, deux ans après, je t’ai appellé et sifflé comme je le faisais toujours, et tu es venu en hénissant, la queue droite et en galopant…  quel moment !

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Quand je t’ai proposé la selle, nous étions au milieu du pré. Sans harnachement, tu te laissais faire. Autour de nous, courait Amélie qui essayait de chopper un de ses chevaux pour partir en balade… c’était trop drôle, ton calme et le cirque autour… quand je t’ai présenté l’embouchure, tu t’es litéralement jeté dessus. OUI, cette balade, tu voulais la faire avec moi… je ne te dis pas les bons de joie que faisait mon coeur à ce moment là dans ma poitrine.

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IMG_0254Et les années ont passé, avec toujours cette priorité d’aller te voir dès mon retour en France. Toujours chouchouté par mes fidèles amis.

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IMG_1900Mon dernier été avec toi, mes derniers moments de bonheur partagé.

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Tu te souviens ?

Ta découverte de l’obstacle et ton premier parcours sans faute tellement nous ne faisions qu’un. Notre ami et moniteur Philippe Peiffer de me dire ce jour là le plus beau compliment jamais reçu d’un pro,  quand je lui ai demandé : « alors, des critiques ? « et qu’il m’a répondu : « je n’ai rien à dire, c’était parfait « . Parfait, oui, c’est bien le mot, Tu étais parfait mon Loulou…

Nous avons gagné la première place. J’étais tellement fière de toi.

Ensuite avec Carole et Youpi pour s’amuser durant des Trecks : découverte de nouveaux paysages, de difficultés qui n’en étaient pas vraiment pour toi. Le galop le plus lent du monde « oui, oui, vous pouvez y aller, vous avez la note maximum… » me disait le jury te voyant galoper sur place…  hahaha  Trop fort mon Loulou !

La fois où je t’ai donné les rènes et  je t’ai dit de te débrouiller face à un chien (enragé) qui essayait de te choper à la gorge, et t’a mordu les boulets. J’étais alors enceinte, et t’ai donné alors ma pleine confiance. Tu essayais par tout les moyens de ne pas le blesser mais de l’empêcher de te tuer. (on remerciera alors ici Youpi, qui n’a pas eu cette délicatesse et qui nous a débarrassé de l’opportin par un bon coup de pied) Bon pour les plus délicats, le chien n’est pas mort, il s’en est sorti avec une fracture de la machoire. Et nous, par une belle frayeur, en pleine forêt, sans téléphone (à l’époque…) et sans personne pour nous aider.

La fois où tu as fait une attaque parce que tu avais inattentionnellement marché sur un chien qui t’était passé en dessous alors que l’on galopait.  Il t’a fallu alors un bon moment pour reprendre tes esprits. J’ai eu peur alors de te perdre… tu étais tétanisé, la bouche ouverte la tête tombante …

Et ensuite tu évitais ce chien en faisant de grands bonds à droite ou à gauche dès qu’il passait à côté de toi… Heureusement que tu étais super confortable et que j’avais ma fois une bonne selle et une bonne assiète. Ce fut épique ! Tu avais tellement bon coeur.

Te faire découvrir la mer et nos grands galops sur le sable de Normandie toujours avec nos complices, Carole et Youpi.

Te demander de me suivre partout, là encore un compliment que j’ai reçu comme un cadeau, le champion de France de treck de l’époque m’a dit « Je n’ai jamais vu une telle complicité entre un cheval et son cavalier, tu pourrais lui demander d’aller à la mort, il t’y suivrait les yeux fermés »

 

Au revoir mon amour de cheval, je t’aime pour toujours.

 

 

 

 

Posté le 09 janvier 2020 par dans Cambodge

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